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Protections menstruelles : du nouveau pour lutter contre la précarité !

Protections menstruelles : du nouveau pour lutter contre la précarité !

Les règles représentent un coût important tout au long de la vie, et l’accès aux protections périodiques reste difficile pour de nombreuses personnes. Face à cette précarité menstruelle, de nouvelles mesures voient le jour en France. Coût des menstruations, protections réutilisables, remboursement : découvrez ce qui change !

Publié le 30/10/2026

Des efforts se mettent en place dans les établissements scolaires français notamment pour en finir avec le sujet des menstruations qui est encore tabou, sujet de moquerie, de dégoût, y compris dans les publicités pour protections périodiques (liquide bleu ?).
De fait, leur accès ou leur manque d’accès, dégrade la qualité de vie des collégiennes, lycéennes, étudiantes, jeunes actives et de toute personne dans la précarité. 

Un tabou ? Que sont les règles ?

De l’expérience collective, le sang qui s’écoule est signe de problème, comme un saignement de nez ou une blessure. Il n’y a qu’un pas vite franchi pour que les règles soient liées à des croyances, des fantasmes, des prédicats religieux, toujours synonymes de problème, d’impureté, de rejet… 
 
Or les règles sont un phénomène physique et totalement naturel qui indique l’élimination mensuelle de l’endomètre en l’absence de fécondation. Les tabous affectent à la fois la santé physique et mentale, quand elles ne sont pas un frein social et professionnel : stigmatisation, honte, interdictions ou ostracisation. 

Un enjeu de société

Elles concernent, concerneront, ont concerné plus de la moitié de l’humanité. Médecins du monde insiste sur le fait que les « menstruations sont une question de santé, de droit et de dignité, d’égalité et de sécurité. » D’où en 2014, le 28 mai, la création de la journée mondiale pour la santé et l’hygiène menstruelle qui souligne la nécessité de rendre accessible l’accès aux protections périodiques ainsi qu’aux installations sanitaires appropriées (toilettes sécurisées et propres avec poubelles adaptées), un « droit à la dignité et à la santé » semblable aux droits fondamentaux comme le droit et donc l’accès à l’eau ou à l’éducation.
 
Selon la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), 1 étudiante sur 3 dit ne pas pouvoir subvenir à ses besoins en protections périodiques sans aide financière. 

En France, 1,7 million de Françaises seraient gênées pour se les procurer. 


3/4 des Français considèrent qu’elles sont une question de santé publique. 

Un petit calcul

Les règles durent environ 3 à 7 jours (cela inclut la nuit), soit 5 jours en moyenne, tous les 28 jours environ, elles débutent à la puberté vers 12-13 ans et s’arrêtent vers 51-52 ans. 
En prenant les chiffres moyens, une jeune fille menstruée 13 ans et ménopausée à 52 ans, retirons 2 ans pour 2 grossesses, fausses couches ou éventuel problème gynécologique : 37 ans de menstruations. 
 
5 jours x 12 mois x 37 ans = 2220 jours, soit 6 années à avoir ses règles, qui ne sont généralement pas le moment le plus apprécié du mois. Elles peuvent être parfois un « soulagement » puisque la contraception repose encore en grande majorité sur les femmes, ou au contraire une source de tristesse pour qui cherche à procréer. 
 
Sachant qu’il faut changer de garniture (tampons/serviettes hygièniques) toutes les 4h ou 6h soit 5 à 6 environ par jour, sinon reste la menace du « choc toxique », ou des risques d’infections.
 
Les prix varient : 0,10 € le tampon pour une marque de supermarché, 0,25 € pour le tampon bio, idem pour les serviettes hygiéniques. Une boîte de 12 tampons couvre 2 jours, soit 2 à 3 boîtes par mois, avec une TVA à 5 % mais pas toujours… 
 
 2220 x 5 = 11 110 tampons et serviettes hygiéniques dans une vie. Une somme autour de 1100 € à 1200 €. 
 
À laquelle il faut ajouter les sous-vêtements, voire la literie, les antidouleurs, sans parler des jours d’arrêt de travail pour celles qui ont un emploi et le malheur d’avoir des règles douloureuses, ou font de l’endométriose… Sans oublier les rendez-vous avec un.e gynécologue, ou le médecin traitant, potentiellement la prise d’une pilule, etc.
 
Aussi, pour endiguer cette dépense indispensable, on assiste au développement de protections périodiques réutilisables : les coupes menstruelles et les culottes menstruelles qu’il faut avoir en deux exemplaires minimum du fait qu’elles se portent également de 4h à 6h, et qu’il est indispensable de les nettoyer scrupuleusement — la coupe menstruelle peut être bouillie. 

La France s’engage :

Pour les étudiantes, personnes non-binaires ou trans, des points de relais sont déployés sur les campus, par exemple. 
 
Depuis le 1er octobre 2026, selon sante.gouv.fr, « les personnes assurées menstruées âgées de moins de 26 ans, ainsi que les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), pourront bénéficier d’un remboursement des protections périodiques réutilisables par l’Assurance maladie obligatoire et l’Assurance maladie complémentaire (via les contrats responsables).

Les produits référencés pour leur sécurité et leur qualité, soit 2 coupes menstruelles ou culottes menstruelles par an, seront délivrées en pharmacie.

Renseignez-vous auprès de votre mutuelle et de votre pharmacie.

Sources :

Science Direct : La précarité menstruelle, une problématique sociétale et sanitaire       
Médecins du Monde : 8 mai : la journée mondiale pour la santé et l’hygiène menstruelle

Préfet du Gers : Lutte contre la précarité menstruelle

Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace : Lutte contre la précarité menstruelle : un accès gratuit aux protections périodiques pour les étudiantes

Plan international : Causes et conséquences de la précarité menstruelle

Natra care : À quelle fréquence faut-il changer ses protections périodiques ?

Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées : Précarité menstruelle : prise en charge des protections périodiques réutilisables par l’Assurance maladie